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C'est l'heure de vérité. Mercredi, le gouvernement lève le voile sur la très périlleuse réforme des retraites. Un texte doit être présenté dans la matinée. Mais, déjà, ce n'est plus une surprise, l'âge légal de départ à la retraite devrait être reculé à 62 ou 63 ans, contre 60 ans actuellement. Pour décider des derniers arbitrages, une réunion restreinte a eu lieu, mardi en fin d'après-midi à l'Élysée, en présence du Premier ministre, François Fillon, et du ministre du Travail, Éric Woerth. Dans un communiqué diffusé peu après cette rencontre, le chef de l'État Nicolas Sarkozy indique qu'il laisse jusqu'à la fin de la semaine à Éric Woerth pour "recueillir les remarques et suggestions des partenaires sociaux" sur ce texte.
Le gouvernement doit aussi préciser ce qu'il compte faire de la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein, un paramètre que le PS et la CFDT sont prêts à voir bouger, contrairement à l'âge légal. Déjà, en vertu de la réforme Fillon de 2003, cette durée passera à 41 ans en 2012. Mais continuera-t-elle ensuite à augmenter jusqu'à 41,5 ans en 2020, comme envisagé ? Ou plus rapidement ? Si la hausse du taux de cotisation des fonctionnaires semble acquise, il y aurait encore des interrogations sur son niveau et sur les personnes concernées (tous les fonctionnaires ou seulement les nouveaux entrants). Le gouvernement est très attendu aussi sur le volet "pénibilité" de sa réforme, qui doit définir quelles contreparties accorder aux salariés qui ont eu les métiers les plus durs. Son approche, individualisée et basée sur le constat médical des effets du travail sur la santé, rebute les syndicats.
Du côté des nouvelles recettes à apporter - volet qui sera vraisemblablement le plus faible financièrement au grand dam des syndicats et de l'opposition -, l'exécutif doit préciser les contours, toujours très flous, de la fameuse contribution des "hauts revenus" pour les retraites. Éric Woerth a indiqué, mardi après-midi, que des mesures concerneraient les "retraites-chapeaux" des grands patrons. Le PS est aux aguets sur le sort réservé au fonds de réserve des retraites (FRR), créé par Lionel Jospin en 1999 pour lisser les effets du choc démographique sur le système des retraites après 2020, mais que le ministre du Travail n'a pas exclu d'utiliser à court terme. Ainsi complété, le projet sera présenté le 13 juillet en conseil des ministres, avant d'arriver au Parlement en septembre. Où il n'est pas exclu que son contenu évolue encore.
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