La reprise économique en France est «fragile» et les perspectives restent «très incertaines», a estimé hier le Fonds monétaire international. Mais la réduction des déficits est nécessaire pour assurer une croissance durable à moyen terme
FREDERIC SCHAEFFER, LES ECHOS
A un jour près, le Fonds monétaire international n'aura pu commenter le projet de réforme des retraites présenté par le gouvernement. Daté de mardi et publié jeudi, le compte rendu de mission de l'organisation dirigée par Dominique Strauss-Kahn a tout de même jugé bon de souligner que «le gouvernement accorde à juste titre une attention particulière à une réforme des retraites visant à repousser l'âge effectif de départ à la retraite ». Et, alors que les syndicats s'y opposent fermement, lui a suggéré par avance de «résister aux pressions» qui conduiraient à s'appuyer «démesurément» sur une hausse des recettes.
Alors que les mesures de relance «temporaires et bien ciblées ont contribué à maintenir la demande intérieure et à éviter une récession plus marquée», le FMI note en revanche que «dans un contexte européen instable, la reprise économique est menacée par les possibles retombées de la crise de la dette souveraine». Le FMI estime que les perspectives économiques sont «très incertaines» et anticipe une croissance «atone» cette année suivie d' «une légère reprise» en 2011. Le Fonds ne donne pas de prévisions chiffrées mais anticipait, en avril, une croissance du PIB de 1,5% cette année et de 1,8% en 2011, soit un rythme plus élevé qu'en moyenne dans la zone euro (1% et 1,5% respectivement). Certes, ces perspectives de croissance sont faibles et il convient de ne pas casser la reprise. Mais parallèlement, la flambée de la dette publique et la pression des marchés imposent de définir dès à présent une stratégie de consolidation budgétaire à moyen terme «crédible».
Accorder plus d'importance à la recherche-développement et à l'innovation
S'agissant de l'objectif affiché par Paris de ramener le déficit public de 8% à 3% du PIB en 2013, «cette trajectoire devrait être respectée» compte tenu des évolutions actuelles des marchés. Mais cet effort doit «s'appuyer sur des hypothèses macro-économiques réalistes» et la prévision de croissance du gouvernement (+2,5% par an à partir de 2011) «risque d'aboutir à une sous-estimation significative de l'ampleur des efforts budgétaires requis».
Au-delà du dossier des retraites, le FMI salue les diverses mesures d'assainissement budgétaire annoncées depuis un mois par le gouvernement, comme le non remplacement d'un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique ou encore le gel des dépenses publiques en valeur. Concernant le projet d'instaurer des règles budgétaires contraignantes dans la Constitution, «cette mesure constituerait une réforme significative», juge encore l'institution.
Au-delà, le FMI plaide pour «un programme accéléré de réformes structurelles» afin de renforcer une croissance potentielle mise à mal par la crise. Il appelle à accorder plus d'importance à la recherche-développement et à l'innovation pour que la France réduise son écart de compétitivité avec l'Allemagne. A cet égard, les «efforts significatifs» engagés dans le cadre du grand emprunt «vont dans la bonne direction». Il plaide également pour une réforme du marché du marché du travail et une levée des barrières réglementaires dans certains marchés potentiellement concurrentiels, estimant que cela pourrait améliorer le taux de croissance de la France de plus de 0,75% par an.
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