Quelles contreparties aux choix qui seront très probablement faits pour les retraites – allongement de la durée de cotisation et report de l'âge de départ ? Gouvernement et parlementaires UMP travaillent sur la question et avancent plusieurs pistes. Eric Woerth doit proposer son projet le 15 juin.
Fonctionnaires : hausse des cotisations en vue. Là encore, officiellement, rien n'est décidé. Mais ici aussi, des sources gouvernementales anonymes ont confirmé à l'AFP qu'on s'acheminait vers une hausse du taux de cotisation des fonctionnaires. Ceux-ci sont taxés à 7,55 %, contre 10,55 % dans le privé. L'alignement de leur taux sur celui du reste des salariés pourrait rapporter 3 milliards d'euros. Mais diminuer mécaniquement le salaires des fonctionnaires. Il permettrait de se concilier les bonnes grâces du secteur privé, qui vit cette différence comme une injustice, au risque de déclencher un conflit dur avec la fonction publique.
Vers une taxe sur les capitaux ? Le président centriste de la commission des affaires sociales de l'Assemblée, Pierre Méhaignerie, plaide pour "des mesures de justice" dans cette réforme. Il cite notamment une "participation des revenus des capitaux" au financement des retraites, qui pourrait atteindre "2 à 3 milliards d'euros". Il n'a cependant donné aucune précision sur les modalités et la forme de cette éventuelle taxe.
Raboter les baisses de charges sur les bas salaires ? Autre piste potentielle, bien qu'on ne sache pas si elle servirait à financer les retraites : Selon L'Expansion, le gouvernement songerait à "raboter" les allègements de charges sur les bas salaires mis en place par François Fillon (dont elles portent le nom).
Depuis 2003, les employeurs de salariés payés jusqu'à 1,6 fois le smic obtiennent des réductions de cotisations de sécurité sociale, qui peuvent aller jusqu'à la quasi-totalité de ces charges pour un emploi au niveau du smic. Une mesure qui coûte très cher à l'Etat : 21 à 23 milliards d'euros par an ! Le gouvernement pourait donc "raboter" cet avantage pour réduire le déficit. Si la pression du patronat ne se fait pas trop forte : déjà, la présidente du Medef estime que ce sera "à coup sûr destructeur pour l'emploi".
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