jeudi 10 juin 2010

Pays-Bas : les libéraux devancent les travaillistes d'un siège

Les libéraux ont devancé les travaillistes d'un siège, mercredi, à l'issue des législatives anticipées aux Pays-Bas, alors que les premiers sondages les donnaient à égalité dans la soirée. Le de centre-gauche - rassemblant depuis 2007 les chrétiens-démocrates, les travaillistes et ChristenUnie (CU) - était tombé le 20 février, victime de ses dissensions sur le maintien ou non des troupes néerlandaises en Afghanistan.
Lors du scrutin, l'extrême-droite dirigée par Geert Wilders a créé la surprise, en obtenant 24 sièges, contre neuf actuellement. Aucun des 18 partis en lice n'a obtenu assez de voix. Des négociations en vue de former une coalition seront nécessaires. Voici les principales forces en présence.
Les libéraux. Crise grecque oblige, la campagne électorale a été dominée par les questions économiques. Menés par Mark Rutte, 43 ans, les libéraux du VVD, partisans d'une réduction des dépenses publiques et d'un durcissement de la politique d'immigration, disposaient de 21 sièges dans le parlement sortant. Ils sont désormais 31. Les libéraux étaient donnés vainqueurs dans les sondages depuis plusieurs semaines. Ils ont annoncé notamment vouloir ramener à zéro le déficit public (5,3% du PIB en 2009) et réduire les dépenses annuelles de l'Etat dès 2015 d'environ 10%, soit 20 milliards. Interrogé sur ses préférences, le libéral Mark Rutte avait répété lors du dernier débat télévisé mardi soir «n'exclure aucun parti».
Les travaillistes du PvdA, menés par l'ancien maire d'Amsterdam Job Cohen, 62 ans, qui disposent de 30 sièges en ont perdu trois par rapport aux précédentes élections de 2006. Durant toute la campagne, le chef de travaillistes a exclu toute coalition avec le parti d'extrême-droite.
Le parti d'extrême-droite de Geert Wilders a créé la surprise. Le PVV, qui était crédité de 18 sièges, en obtient 24 contre 9 dans le parlement sortant. Le parti anti-islam peut ainsi prétendre à participer à un gouvernement de coalition avec les libéraux ou les travaillistes qui obtiennent chacun 31 sièges. «Grandiose ! ! !», s'est-il félicité, dans une première réaction diffusée par SMS. Affirmant être «en croisade contre l'islam», le leader d'extrême-droite veut interdire l'immigration en provenance des pays musulmans. Cet homme politique âgé de 46 ans, qui doit être jugé en octobre pour incitation à la haine et à la discrimination, ne cache pas son «ambition de devenir Premier ministre».
Le parti chrétien-démocrate (CDA) du Premier ministre sortant Jan Peter Balkenende, 54 ans, principal parti du parlement sortant avec 41 députés, est le grand perdant du scrutin avec 21 sièges, selon les résultats d'un sondage publié à 21h30. «C'est une lourde déception», a commenté le ministre des Affaires étrangères sortant Maxime Verhagen, qui a indiqué s'être entretenu avec le Premier ministre sortant : «Il est bien sûr sous le choc». Vers 23 heures, Jan Peter Balkenende a annoncé qu'il renoncait à diriger son parti.
Les autres partis en lice. Le parti socialiste SP, aux lointaines racines maoïstes, obtient 15 sièges contre 25 dans le parlement sortant, devant les écologistes de GroenLinks qui totalisent 10 sièges (contre 7) comme les centristes de D66 (contre 3) et le petit parti chrétien ChristenUnie, qui obtient 5 sièges contre 6.

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