mercredi 9 juin 2010

Marée noire : Obama vacille, BP s'enfonce

les Etats-Unis en état d'urgence:

Barack Obama  beaucoup à perdre dans la marée noire. Réalisant que son administration passe aujourd'hui pour moins efficace que celle de George W. Bush face aux ravages de l'ouragan Katrina, il tente de donner une image de fermeté face à la catastrophe provoquée par l'explosion d'une plate-forme, le 20 avril dernier, au large de la Louisiane. Selon les derniers sondages, deux Américains sur trois ont une opinion négative de sa de la .
 Un signal politique alarmant pour le président.  Annoncant une quatrième visite, les 14 et 15 juin prochains, sur les côtes touchées par la nappe de pétrole, il a ainsi expliqué avoir besoin de rencontrer les experts «parce qu'ils sont potentiellement les plus à même de me dire à qui il faut botter les fesses». Une menace à peine voilée qui vise notamment le groupe BP, accusé d'avoir multiplié les erreurs avant et après cet accident qui fit 11 victimes. Interrogé par la chaîne NBC, Barack Obama a aussi laissé entendre qu'il était favorable à une démission de Tony Hayward, patron du groupe pétrolier, qui a multiplié les déclarations maladroites. Ce dernier témoignera le 17 juin pour la première fois devant le Congrès dans le cadre d'une audition sur la marée noire.
72 heures pour dévoiler un plan anti-fuite
Outre le courroux présidentiel, le groupe BP doit se défendre sur tous les fronts. Sur le terrain, les autorités lui ont donné 72 heures pour dévoiler ses projets visant à stopper la fuite. Un ultimatum formulé mercredi par un courrier du contre-amiral des garde-côtes, James Watson. Les autorités estiment que 2 à 3 millions de litres s'écoulent chaque jour. Soit la capacité de récupération atteinte par BP, au prix de 1,25 milliards de dollars de dépenses. Quant à la présence de brut jusqu'à 1000 mètres de profondeur, attestée par une agence officielle, le géant pétrolier fait tout pour la minimiser.
Autre bataille, sur le plan réglementaire celle-là : la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, veut faire passer d'ici au 4 juillet un projet de loi qui renforcerait le service qui supervise l'exploitation pétrolière en mer et relèverait le plafond des indemnisations dues par les compagnies pétrolières en cas de dégâts écologiques et économiques. D'ores et déjà, les normes en matière de forage sont devenues plus sévères.
Un peu tardivement sans doute, BP tente de sauver son image et sa réputation. Tony Hayward a annoncé que la vente du pétrole récupéré servirait à financer un fonds de protection de la nature dans les Etats bordant le golfe du Mexique. Au prix du marché, le brut déjà récupéré dégagerait environ 27 millions de dollars, auxquels s'ajouteraient un million par jour au rythme de récupération actuel. Une mince compensation pour la Louisiane, le Mississippi, l'Alabama et la Floride. Mais un réveil trop tardif pour que Tony Hayward sauve son poste : un bookmaker irlandais a même ouvert les paris sur son départ.

 

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