jeudi 10 juin 2010

Dépistage, vaccination : mobilisation contre le cancer du col de l'utérus

ARIS — Après le cancer du sein et le cancer colorectal, le ministère de la Santé et l'Institut national du cancer ont lancé jeudi la première campagne nationale de mobilisation contre le cancer du col de l'utérus qui tue encore près de 1.000 femmes chaque année en France.
L'objectif est de sensibiliser les femmes et les jeunes filles aux deux moyens d'action contre ce cancer qui touche plus de 2.800 femmes chaque année (projections 2010) : le dépistage par frottis, qui permet de repérer le plus tôt possible les lésions cancéreuses et pré-cancéreuses, et la vaccination anti-HPV (human papillomavirus), qui prévient leur apparition.
Des expérimentations de dépistage organisé ont été lancées dans neuf départements (Allier, Cantal, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Cher, Indre-et-Loire, Maine-et-Loire, La Réunion, Val-de-Marne), en plus des quatre départements pilotes ((Bas-Rhin, Haut-Rhin, Isère et Martinique), où un programme a été mis en place dans les années 1990.
Ces programmes doivent permettre de toucher les femmes peu accessibles à la prévention, pour diminuer les inégalités sociales en matière de dépistage. Ils concernent au total plus de 2 millions de femmes.
Il n'existe pas aujourd'hui de programme national de dépistage organisé, comme c'est le cas par ailleurs pour le cancer du sein ou le cancer colorectal.
Le dépistage individuel est "très répandu, mais le taux de couverture reste insuffisant", a déclaré le directeur général de la Santé, Didier Houssin, lors d'une conférence de presse. Plus de 30% des femmes y échappent, en particulier les plus fragiles socialement, et après 55 ans.
Il repose sur un frottis, un prélèvement des cellules du col de l'utérus, effectué lors d'un examen gynécologique, qui est ensuite analysé en laboratoire. Le frottis est proposé tous les trois ans aux femmes de 25 à 65 ans, le plus souvent par un gynécologue.
Le programme de dépistage organisé expérimenté dans 13 départements associe des actions de dépistage (invitation par courrier des femmes n'ayant pas fait de frottis depuis trois ans) et des actions de prévention (campagne en faveur de la vaccination).
La vaccination préventive contre les papillomavirus humains, transmis lors des relations sexuelles et cause principale des cancers du col de l'utérus, est recommandée depuis 2006 aux jeunes filles de 14 ans, et en rattrapage de 15 à 23 ans. Pour être pleinement efficaces ces vaccins (Gardasil ou Cervarix) doivent en effet être administrés avant les premiers rapports sexuels.
Mais "la vaccination ne dispense pas du dépistage par frottis", a martelé Dominique Maraninchi, président de l'Institut national du cancer (INCa), car les vaccins ne protègent pas contre l'ensemble des HPV.
Selon des données de l'Assurance maladie, 23% des jeunes filles de 14 à 17 ans étaient vaccinées (3 doses) en 2008. La dose de vaccin coûte environ 130 euros, prise en charge à 65% par l'Assurance maladie.
La campagne nationale, qui sera reconduite chaque année, s'articule autour de spots radios ciblant notamment les populations immigrées. Une action en direction des jeunes filles, adaptée aux différentes tranches d'âge, a par ailleurs été lancée sur Facebook. Pour les mères, un espace d'information sur la vaccination a été ouvert sur le site de l'INCa (www.e-cancer.fr).
Le nombre de cas de cancer du col de l'utérus est en diminution en France, de même que la mortalité. Renforcer la prévention devrait accentuer ces tendances. "Ce qui nous retarde, ce sont les inégalités entre les femmes", a souligné le Pr Maraninchi.

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