mardi 8 juin 2010

Obama se demande à qui "botter le derrière" après la marée noire

Le président Barack Obama se demande "à qui botter le derrière" après la marée noire dans le golfe du Mexique, accentuant encore la pression sur BP.

e groupe pétrolier britannique a annoncé que le dôme de confinement mis en place au-dessus de la fuite avait permis de récupérer 14.800 barils de brut lundi, contre 11.100 la veille. L'objectif est d'atteindre 20.000 barils par jour.Dans une interview diffusée mardi par la chaîne de télévision NBC, Barack Obama, adoptant un ton très ferme, a rejeté les critiques et rappelé qu'il s'était rendu sur les lieux de la marée noire avant même que "la plupart de ces beaux parleurs" ne prêtent attention à la catastrophe.
"Et je ne réunis pas ces experts autour de moi dans le seul but de tenir un séminaire. Nous parlons à ces gens parce qu'ils peuvent nous donner les meilleures réponses et me permettre de savoir à qui je dois botter le derrière (pour obtenir des résultats)", a-t-il ajouté.
Le chef de la Maison blanche n'a pas caché que si Tony Hayward, directeur général de BP, avait été sous ses ordres, il n'aurait pas hésité à le limoger en raison de son incapacité à juguler la marée noire qui dure depuis cinquante jours - le pire désastre écologique qu'aient connu les Etats-Unis.
"Selon les premières informations (des enquêteurs), il n' y a peut-être pas eu seulement une erreur humaine mais aussi des négligences en matière de sécurité", a-t-il dit.
NÉGLIGENCES EN MATIÈRE DE SÉCURITE
Tony Hayward a pourtant affirmé que la catastrophe n'avait rien à voir avec de quelconques économies budgétaires que son groupe aurait cherché à faire.
L'action BP chutait de plus de 7% vers 14h45 GMT mardi à Londres après les déclarations du président américain. Elle a perdu environ un tiers de sa valeur depuis le 20 avril, jour de l'accident sur la plate-forme Deepsea Horizon.
La Grande-Bretagne a annoncé par ailleurs qu'elle allait intensifier les inspections de ses installations pétrolières en mer du Nord.
La Norvège, cinquième exportateur de pétrole dans le monde, a estimé pour sa part "inappropriée" l'ouverture de nouvelles zones de forage avant de connaître les conclusions de l'enquête sur la fuite de BP dans le golfe du Mexique.
La production actuelle de pétrole ne sera pas affectée par cette mesure, qui pourrait toutefois ralentir l'exploration de nouvelles zones offshore, notamment en mer de Norvège et en mer de Barents.
Jusqu'à lundi, BP actualisait ses données toutes les vingt-quatre heures. Elle a décidé d'accélérer la diffusion de l'information et opté pour deux points par jour.
D'après les estimations de scientifiques américains, la fuite dans le golfe du Mexique oscille entre 12.000 et 19.000 barils par tranche de vingt-quatre heures. Les calculs de l'administration fédérale font pour leur part état d'un rejet maximal de 25.000 barils par jour.
L'amiral des garde-côtes Thad Allen, chargé des opérations de nettoyage, a estimé lundi lors d'une conférence de presse à Washington que le processus se passait "plutôt bien".
La fuite pourrait être bouchée en août. Une fois colmatée, il faudra alors quatre à six semaines au moins pour nettoyer les nappes polluantes et les 200 km de côtes souillées de Louisiane jusqu'en Floride, a-t-il précisé.
Mais la lutte contre les effets à long terme sur les écosystèmes sera beaucoup plus longue.
"Nous ne sommes plus confrontés à une nappe large et monolithique mais à une agrégation de centaines de milliers de nappes de pétrole qui se déplacent dans un grand nombre de directions différentes", a-t-il expliqué.
"Les problèmes à long terme d'environnement et de restauration des habitats dureront des années."
69% DES AMÉRICAINS MÉCONTENTS DU GOUVERNEMENT
Barack Obama s'est efforcé de rassurer ses compatriotes en déclarant que la marée noire serait contenue.
"Ce sera endigué", a déclaré le président américain à l'issue d'une réunion gouvernementale sur ce sujet lundi à la Maison blanche. "L'impact économique de cette catastrophe sera important et cela va continuer", a toutefois ajouté Obama, qui s'est rendu vendredi pour la troisième fois en Louisiane.
Il a réaffirmé lundi que BP devrait indemniser "rubis sur l'ongle" les entreprises qui traversent une période très difficile du fait de la catastrophe - un tiers des eaux fédérales du Golfe, soit 200.000 km2, sont interdites à la pêche.
L'administration fédérale, a-t-il ajouté, fait également pression sur la compagnie pétrolière pour qu'elle se prépare au passage possible d'un ouragan. La saison des ouragans a débuté le 1er juin dans l'Atlantique, et ce système météo est particulièrement puissant à deux périodes, en août et fin novembre.
Selon un nouveau sondage diffusé par le Washington Post et ABC, 69% des Américains estiment que la réponse apportée par l'administration fédérale a été très ou plutôt mauvaise.

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