Le président du Conseil avait engagé la veille sa responsabilité sur ce texte, dont l'examen devant le Sénat a été retardé par des élus de centre-gauche, qui ont occupé les bancs du gouvernement.
Le président du Sénat, Renato Schifani, a dû suspendre la séance à deux reprises après avoir invité plusieurs fois les sénateurs de l'"Italie des valeurs" à regagner les bancs de l'opposition.
Les sénateurs rebelles ont finalement été chassés des bancs du gouvernement par des huissiers avant de quitter la salle en refusant de prendre part au vote, remporté par 164 voix contre 25.
L'opposition, la presse et la magistrature ont dénoncé un projet que Silvio Berlusconi justifie en arguant que "la grande majorité des citoyens en ont assez de décrocher leur téléphone en se demandant à chaque fois s'ils ne sont pas espionnés".
120.000 LIGNES ANNUELLEMENT ÉCOUTÉES
Aux termes du projet de loi, qui stagne au parlement depuis plusieurs mois, les magistrats ne pourront ordonner une mise sur écoutes que s'ils disposent d'éléments solides permettant de soupçonner un délit.
Le placement sur écoutes devra être approuvé par trois juges et ne devra pas durer plus de 75 jours. Une autorisation expresse serait requise pour mettre sur écoutes les téléphones de parlementaires et de prêtres.
Il sera en outre interdit aux médias de publier des transcriptions ou des résumés des écoutes, et même de commenter une enquête avant que les suspects ne soient traduits en justice. Les directeurs de publication en infraction encourront jusqu'à 465.000 euros d'amendes.
Quelque 120.000 lignes téléphoniques ont été interceptées à des fins d'enquête au cours de l'année écoulée en Italie. Les journaux du pays publient souvent des extraits de conversations privées embarrassantes.
Les partisans des écoutes font valoir que beaucoup d'arrestations importantes, notamment de mafieux en fuite, n'auraient pas été possibles sans écoutes.
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