dimanche 6 juin 2010

Flottille : Israël ne veut pas d'une enquête internationale

 


«Nous rejetons l'idée d'une enquête internationale (...). Israël est une démocratie, Israël a la capacité et le droit de mener une enquête interne, pas de faire l'objet d'une investigation par un quelconque comité international» : sur la chaîne de télévision américaine Fox News, Michael Oren, l'ambassadeur de l'Etat hébreu aux Etats-Unis, a été clair.

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Israël ne veut pas de l'enquête «crédible, impartiale et transparente», souhaitée par le Conseil de sécurité de l'ONU réuni en urgence le soir même du raid meurtrier sur la flottille qui convoyait de l'aide humanitaire à destination de Gaza.

L'Etat hébreu sous pression

La pression internationale n'a pas faibli pourtant. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a essayé de convaincre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en fin de semaine de la nécessité d'un commission internationale. Cette dernière devait être présidée par l'ex-Premier ministre néo-zélandais Geoffrey Palmer et inclurait des représentants des Etats-Unis, de Turquie et d'Israël, a-t-il expliqué au chef de gouvernement.

Ce dimanche, Nicolas Sarkozy «a invité», dans un entretien téléphonique, le Premier ministre israélien à donner suite aux demandes du Conseil de sécurité. En visite à Chypre, le pape Benoît XVI a renouvelé dimanche son appel pour la paix au Proche-Orient, réclamant un effort international «urgent» pour éviter «de plus grandes tragédies».

La Turquie «sera ferme jusqu'à ce que le blocus de Gaza soit levé, que cessent les massacres et que la terreur d'Etat au Proche-Orient soit considérée comme telle», a déclaré ce dimanche le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Des milliers de Turcs ont à nouveau manifesté ce week-end contre le raid du 31 mai.

Netanyahu ne souhaite qu'une enquête nationale

Le cabinet israélien de sécurité devait se réunir dimanche dans la soirée pour examiner les moyens de répondre aux critiques internationales. D'après le quotidien «Yedioth Ahronoth», Netanyahu songerait à la création d'une commission d'enquête nationale, ce que laissent également entendre les propos de l'ambassadeur aux Etats-Unis. Le chef de la diplomatie de l'Etat hébreu Avigdor Lieberman se rendra lundi à New York pour expliquer aux diplomates israéliens en Amérique du Nord la position du gouvernement.

Le gouvernement israélien, de plus en plus isolé sur la scène internationale, pourrait aussi être contraint de lever le blocus de Gaza imposé depuis quatre ans, selon les médias israéliens. Des responsables du ministère de la Défense envisagent de laisser passer des bateaux d'aide humanitaire à condition qu'ils soient inspectés par une force internationale, possiblement onusienne, rapporte le «Jerusalem Post».

Toutefois, Benjamin Netanyahu a répété dimanche qu'Israël «ne permettrait pas la création d'un port iranien à Gaza et l'entrée libre d'armes dans ce territoire», en référence au soutien de Téhéran au mouvement islamiste palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. Dans le même temps, les Gardiens de la révolution irannienne se sont dit prêts ce dimanche à escorter des flottilles d'aide destinée à Gaza si l'ayatollah Ali Khamenei en donne l'ordre...

Le mouvement Free Gaza («Liberté pour Gaza»), à l'initiative de l'envoi de la «Flottille de la liberté», a déjà annoncé une nouvelle tentative de briser le blocus maritime «dans les deux prochains mois». «Nous reviendrons», promet un communiqué.

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